Carnet de mission : Projet Éthiopie, Mission 2010

Sauvetage des archives de la Compagnie de chemin de fer djibouto-éthiopienne par Archivistes sans frontières

 
 
 

La mission en photos

 
 

Traitement dans les locaux dits de « l’ancienne maison du directeur »

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Christophe au sommet
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Traitement bureau du directeur

Les pépites

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L’empereur Hailé Sélassié
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La gare

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Un wagon fatigué
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Logo CFE sur wagon

La Cie des archivistes

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Jeudi 1er avril

 
 

Grande nouvelle aujourd’hui : nous avons terminé le traitement des dossiers, ne reste plus que le versement à la NALE à régler !!… Bon, ce n’est pas parce que nous sommes en Ethiopie que nous allons nous priver d’un petit poisson d’avril… Notre journée commence par une petite mise à jour de nos notes. Nous remettons au propre le bordereau d’élimination du bureau de l’ancien directeur (salle « Gerbal ») et nous nous attaquons à la sélection des photos proposées à notre webmaster. La connexion internet est tellement mauvaise que l’envoi des 25 photos, par lot de 4, nous prend presque une heure.

Malheureusement, les Archives nationales éthiopiennes annulent notre rendez-vous relatif à la correction du modèle de contrat de dépôt que nous leur avons soumis en début de semaine. Nous en discuterons donc en direct lors de la réunion de lundi matin.

Nous déjeunons avec M. Shiferaw Bekele, professeur d’histoire à l’université d’Addis Abeba. Il nous indique que M. Imbert-Vier et lui-même ont eu accès aux archives classées lors de la première mission dans les locaux de la compagnie.

L’après-midi est consacré à la poursuite du traitement des fonds sur les sites
de la gare et du bureau de l’ancien directeur. Une équipe achève la sélection des archives historiques et débute la rédaction du bordereau d’élimination des archives stockées dans les sous-sols de la gare. Miracle, de courte durée, nous bénéficions de l’installation précaire d’une ampoule électrique. Une bonne moitié des éliminables est recensée en fin de journée.
La seconde équipe s’attaque aux dossiers de carrière découverts dans les placards du bureau de l’ancien directeur. 47 liasses sont constituées en ordre alphabétique (une lettre par liasse) et inventoriées, des ensembles spécifiques d’agents SNCF sont bien identifiés. Le perron de la maison devient un excellent prolongement de notre table de tri. Quelques brebis nous rejoignent mais n’osent pas encore se lancer dans la carrière d’archiviste !

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Découverte du sous sol de la gare (le 31/03)
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Thierry au pied du mur (le 31/03)

Reste donc un ensemble à inventorier, antérieur aux années 50 et portant sur la gestion du personnel, les travaux de construction de la ligne et d’aménagement des concessions de la Cie à Addis et Dire Dawa notamment.

Nous devrions pouvoir traiter cela rapidement. C’est essentiel compte tenu des actions majeures à mener : mettre en œuvre la convention Cie/ NALE et réaliser le transfert physique des archives que nous espérons pouvoir mener à pied avant notre départ.

Nous pensons aussi à notre retour et à la nécessité d’anticiper la rédaction de notre rapport. La première semaine s’achève, intense et dense, et il est nécessaire de ne rien perdre de ce travail.

La Cie des archivistes

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Mercredi 31 mars

 
 

Bulletin météo

Avant de commencer le récit d’une journée exaltante, un bref bulletin météo pour ceux qui se préoccuperaient du temps à Addis. Depuis que nous sommes arrivés, nous avons une alternance de soleil, avec nuages d’altitude et pluies diluviennes souvent en milieu d’après-midi qui laissent les routes de la ville boueuses et détrempées. Mais la température est agréable dans la journée (entre 20 et 25°).

Compagnie et rencontre du DG

Brève rencontre avec Mekonnen qui nous liste nos requêtes et nous fait un état d’avancement des différents points. Le plus important pour nous, il fait sauter la serrure d’accès à la cave de la gare.

Tium Tikea, Directeur Général de la Compagnie. Nous sommes reçus dans un immense bureau qui accueille un espace salon, un bureau et une grande salle de réunion. Un peu tendus, nous exposons les raisons de notre présence et très vite, Tium nous répond dans un bon français. La compagnie est dans un état de déliquescence absolue. Par conséquent, il lui paraît essentiel de sauvegarder son patrimoine et le transfert des archives à la National Archive & Library of Ethiopia (NALE) lui paraît la moins mauvaise solution. Nous lui présentons le projet de convention en précisant que tous ses commentaires pourront être intégrés s’il le souhaite. Il accepte par ailleurs de recevoir la NALE lundi 5 avril matin pour régler les éventuelles questions liées à la convention de dépôt. Il insiste sur le fait que la partie Djiboutienne de la Compagnie doit suivre le même processus et bénéficier des mêmes modalités pour assurer la confiance et la pérennité du projet. C’est un homme touchant que nous rencontrons, soucieux du patrimoine de la Compagnie, brisé par l’état de crise qu’elle traverse depuis des années. Les trains ne roulant plus depuis plus deux ans, il n’a aucune liquidité et est obligé de louer son patrimoine pour payer les 1500 salariés que compte encore à ce jour la Compagnie. A l’issue de ce RDV, nous nous séparons en deux équipes : l’une profitant de l’ouverture de la cave, va explorer les bas fonds de la Gare. A priori, les 80 mètres linéaires identifiés par les précédentes missions semblent ne pas avoir bougés hormis la poussière qui s’est accumulée depuis.

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Réunion avec le Directeur de la Compagnie

Conseiller culturel et Ambassade de France

L’autre équipe saute dans un taxi vieillot et se dirige vers l’Ambassade de France pour y rencontrer le dynamique conseiller culturel, Patrick Cohen. En l’espace d’une demi-heure, nous exposons notre cas, il prend acte, et nous promet la remise d’un courrier mentionnant la prise de contact avec la partie Djiboutienne prévoyant une réciprocité d’action. Nous avons à peine le temps de goûter au havre de paix que semble être l’Ambassade mais nous aurons l’occasion d’y revenir car Patrick Cohen nous a aussi obtenu un RDV avec l’Ambassadeur mardi à 17h.

NALE

Compte tenu de la rapidité de ce RDV, nous en profitons pour faire un crochet par la NALE malgré les réclamations de notre chauffeur pour obtenir un supplément. Nous souhaitons valider leur disponibilité de lundi et savoir s’ils seraient d’accord pour repousser la réunion proposée initialement ce jeudi au lundi suivant. Après quelques coups de fils, le Directeur de la NALE semble pouvoir se rendre disponible. Heureux, sous le soleil, mais ayant le sentiment de ne pouvoir digérer les bonnes nouvelles de la matinée, nous retrouvons nos deux compagnons, épuisés par l’exploration à la lampe frontale des sous-sols de la Gare. Déjeuner de débrief autour d’une assiette de pâtes pantagruélique et d’un jus de mangue des plus salvateurs, nous nous réjouissons des avancées spectaculaires obtenues en l’espace de quelques heures.

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Bâtiment de la NALE

Traitement des fonds

A nouveau, deux équipes se forment pour l’après-midi pour optimiser le traitement des fonds et ne pas se marcher sur les pieds. Nous tentons d’obtenir une table ce qui nous permet de revisiter les ateliers vétustes de la Compagnie. Deux motrices, dont l’une semble avoir subi un accident des plus sanglants, des bidons de fuels…

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L’équipe dite des cosmonautes

L’équipe de la cave mange de la poussière, sélectionne les archives qui pourraient être versées et met de côté les éliminations. Quelques pépites : les comptes-rendus d’AG des années 10 aux années 30. Seuls 10% des fonds stockés à cet endroit seraient à verser à la NALE. Un volume important de document en amharique sera cependant sauvegardé par précaution et classé en préarchivage (cote CDE). L’équipe de Gerbal (ex-maison du directeur) avant de se mettre au traitement des archives, contacte Danièle Neirinck pour lui faire état de l’avancée de la mission. Elle nous propose un courrier similaire à celui du Conseiller Culturel confirmant l’engagement d’ASF à poursuivre les actions sur le terrain côté Djiboutien si un accord est trouvé. Puis, nous nous mettons au travail et poursuivons l’identification par grandes catégories des dossiers sortis hier de la pièce du fond.

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Thierry en spéléo dans le sous sol de la gare

Quelques pépites : un album de photos sur Assab et les salines et les procès-verbaux en italien de la période d’occupation italienne. La journée, riche en émotion, se termine autour de l’organisation de notre week-end puisque la journée de vendredi sera fériée et que la Compagnie est fermée, ce qui ne nous permet pas de travailler. A contrario, le lundi de Pâques est travaillé. Nous pensons que les contacts noués par Arnaud Ramière de Fortanier lors de sa mission d’avril 2008 a permis cette avancée spectaculaire. Les différentes parties semblent avoir pris conscience de la nécessité de faire avancer les choses en trouvant le meilleur compromis.

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Rue d’Assab

Planning prévisionnel

- jeudi 1er avril 12h30 : RDV avec Shiferaw Bekele, professeur à l’Université d’Addis Abeba, département d’histoire grâce aux coordonnées téléphoniques laissées par Simon Imbert ;

- week-end : deux excursions : deux jours à Ankober à 190 km au Nord d’Addis et une journée à Wenchi, à 150 km à l’Ouest d’Addis. Au programme, trekking, visite de marchés locaux, églises surtout en cette période de fête. Ce sera la fin du jeûne pascal, et nous risquons d’assister à des cérémonies traditionnelles orthodoxes. De quoi nous changer les idées après une semaine de mission.

- lundi 5 avril 10h00 : RDV DG Compagnie / DG NALE / ASF sur la convention de dépôts ;

- mardi 6 avril 17h00 : RDV avec l’Ambassadeur de France, Jean-Christophe Belliard.

La Cie des archivistes

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Mardi 30 mars

 
 

Cette troisième journée commence par une nouvelle visite surprise à Asrat Mekonen (Directeur administratif et juridique de la Cie) afin de recueillir ses impressions sur le projet de contrat de dépôt que nous lui avions remis hier. Il nous indique qu’il n’a pas réussi à en parler avec son conseiller juridique et nous fait comprendre que nous perdons notre temps avec lui et que nous devons discuter directement des suites de la mission avec le directeur général de la compagnie. Selon la secrétaire de ce dernier, nous pourrons le rencontrer demain matin à son retour de Djibouti.

Une fois de plus, nous ne parvenons pas à nous faire ouvrir les sous-sols de la gare. Il semblerait que la clef ait disparue. Nous devrons attendre que la clef soit retrouvée ou la serrure changée.

En fin de matinée, nous procédons à la vérification des dossiers traités lors de la première mission. L’idée est bonne car les dossiers ont été dérangés et certaines indications de cotes ont disparues.

En milieu d’après-midi, nous débutons le tri des archives stockées dans l’ancien bureau du directeur de la compagnie. Nous parvenons en fin de journée à mettre de côté les archives à verser des archives à éliminer, sous un épais nuage de poussière noire, à la lumière des lampes frontales. Un premier aperçu confirme la valeur du fonds avec notamment des dossiers sur les emprises, des contentieux, incidents, déraillements, vols/police de la Compagnie, des dossiers de travaux, des archives décisionnelles (AG, CA), ainsi qu’un volume très important de dossiers de personnel.

En cours de journée, nous tentons de joindre M. Perron, adjoint du conseiller culturel, sans résultat. Il sera absent jusqu’à jeudi. On parvient cependant à obtenir un rendez-vous avec M. Cohen, le conseiller culturel de l’ambassade, demain à 11 heures, grâce à Eloi Ficquet. En espérant qu’il puisse nous aider à débloquer la situation du côté de la compagnie .Suite au prochain épisode….

La Cie des archivistes

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Lundi 29 mars

 
 

La NALE (National Archive & Library of Ethiopia)

9h : rencontre avec Atkil Assefa, Directeur des Archives Nationales d’Ethiopie avec 2 de ses collaborateurs. Ils nous réservent un accueil assez chaleureux. Depuis 2007, Atkil Assefa a appris le français et devrait prendre en fin d’année, ses fonctions de responsable de la Commission d’Audit du Conseil International des Archives (ICA).

Nous évoquons les points essentiels du dossier :

Il confirme son accord pour recevoir les archives de la Compagnie de chemins de fer Djibouto-Ethiopienne (CDE) en dépôt et fournira la logistique pour le transfert. Il nous dit que la loi ne peut être employée comme argument pour forcer la Cie à verser. Si nous nous référons à l’article 8.4 de la loi, une compensation financière à tout transfert d’archives privées est nécessaire et ni la CDE ni la NALE sont en mesure d’assurer ces coûts. Nous lui remettons notre proposition de contrat de dépôt en anglais en reprécisant que la propriété de la Cie est bien identifiée. Il n’a jamais eu ce type de convention à traiter mais la transmet dans la foulée à son conseiller juridique. Nous insistons sur le fait que ce document n’est qu’une proposition et qu’il appartient aux deux parties de la retravailler avec notre aide. Pour lui, il est nécessaire de rencontrer à présent les représentants de la CDE. Il propose de le faire jeudi matin, le vendredi étant férié. Il nous demande d’organiser ce rendez vous. Pour autant, il mentionne les difficultés côté Cie dans la mesure où le transfert est conditionné à un double agrément (Conseil d’Administration de la Cie actuelle et de la Cie qui rachèterait la concession).

Le rendez vous est suivie d’une visite très agréable des nouveaux locaux de la Bibliothèque et des Archives nationales et d’une visite de l’ancien bâtiment abritant des manuscrits remontant au 15e siècle.

La gare

Début d’après midi, nous nous rendons à la Gare et retrouvons un employé de la Cie, déjà rencontré par la précédente mission d’ASF en 2007. Il nous fait visiter les locaux :
- la gare : pas de clé, pas d’accès à la cave
- bâtiments administratifs : lieux où étaient entreposées les archives traitées par précédente mission. Bonne nouvelle !!! Tout est intact, nous procéderons à un récolement dès demain.
- l’ancienne maison du Directeur : le pilon est entreposé là, quasi intact. C’est le soulagement général !!

Nous retournons à la gare et rencontrons Asrat Mekonnen, le Directeur administratif et juridique.

Il nous reçoit aimablement mais rappelle les difficultés de la Cie et nous dit ne pas avoir autorité pour valider quoique ce soit. Il nous renvoie à une décision du Conseil d’Administration de la Cie. Il évoque très clairement la crainte de la perte de propriété des documents par la Cie. Nous lui remettons notre proposition de contrat de dépôt en anglais. Il reste assez distant et peu enthousiaste. Il s’engage à revoir le document et à nous recevoir demain. Il nous conseille de rencontrer Tium Tekfal, Directeur Général de la Cie pour avancer sur le dossier. Il reviendrait de Djibouti mercredi.

Nous restons ferme sur le fait qu’il est nécessaire d’avancer sur la solution du transfert / dépôt avant de poursuivre le travail. Nous devons être assurer que ces archives soient protégées avant de les traiter.

Eloi Fiquet

Nous nous rendons au CFEE (Centre Français d’Etudes Ethiopiennes) pour rencontrer Eloi Fiquet, son directeur. Il nous confirme que la Cie connaît de graves difficultés financières et que ses membres considèrent que les archives pourraient être une source de revenus. Le trafic ne fonctionne plus qu’entre Djibouti et Dire Dawa. Ses seuls revenus sont essentiellement tirés à présent de la location des bâtiments à Addis Abeba. La Cie voudrait conserver les archives mais facturer la location du bâtiment.

Il est confiant dans le fait que le projet de transfert aboutira. Il parle du projet de Musée porté par l’Ambassade (exposition itinérante installée dans un wagon).

Il nous propose d’organiser un dîner avec la CDE, la NALE, l’Ambassade, le Ministre des Transports et de la Culture Ethiopiens et nous pour faire avancer le dossier.

Programme de demain

- Rencontrer le Directeur Général de la CDE
- Visiter les locaux non encore vus (la cave etc.)

La Cie des archivistes

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Pour en savoir un peu plus sur le chemin de fer et l’Éthiopie

 
 

L’histoire du chemin de fer

La mission des archives est terminée mais vous pouvez continuer à suivre l’histoire formidable du chemin de fer qui relie Addis-Abeba à Djibouti à travers différents livres.

Le Train du négus. Appelé ainsi car commandé aux français par le négus Ménélik, le chemin de fer traverse sur 782 kilomètres des régions où les fusillades, les déraillements et les télescopages sont monnaie courante. L’auteur, qui a pris place à bord du train, nous décrit l’ingéniosité et l’héroïsme dont font preuve les cheminots pour faire fonctionner un matériel agonisant, dont certains éléments datent de 1910.

- Le Train du Négus. FORESTIER, Patrice, Paris : Grasset & Fasquelle, 1994. 321 p.

- D’Addis Abeba à Djibouti en train. GUYOT, François : L’Harmattan, 1995. 96 p.

- Vous pouvez aussi suivre ce voyage mythique à travers un reportage de Laurent Correau (journaliste à RFI) réalisé en 2005, http://www.rfi.fr/actufr/articles/0....

À lire aussi sur l’Éthiopie

Trois romans…

Asmara et les causes perdues : 1985, un groupe d’humanitaires français vient sinstaller à Asmara, ancienne capitale coloniale italienne, pour porter secours aux victimes d’une famine.

- Asmara et les causes perdues. RUFIN, Jean-Christophe, Paris : Gallimard, 2001. 303 p.

L’Abyssin. À l’origine de ce livre, un fait historique : Louis XIV, le Roi-Soleil, est entré en relation avec le plus mystique des grands souverains de l’Orient, le Négus. l’Abyssin est le roman de cette fabuleuse ambassade.

- L’Abyssin. RUFIN, Jean-Christophe, Paris : Gallimard, 1999. 698 p.

- Retour en Éthiopie. DE GOUVENAIN, Marc : Babel, 1990. 168 p.

… et trois ouvrages de photos

- Ethiopia 1966, CARTOCCI Paul et COSULICH Guido, Arada Books, 2010. 136 p. ; 107 photos.

- Addis-Abeba 1886-1941. La ville et son patrimoine architectural. GIORGHIS Fasil et GERARD Denis, Addis-Ababa, Shama Books, 2007, français/anglais. 343 p.

- Les portes des larmes : Retour vers l’Abyssinie. DEPARDON, Raymond et GUILLEBAUD, Jean Claude : Points, 2008. 267 p. ; 130 photos.

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La gare, la ville, les gens… : repérage et premiers contacts

 
 

L’éveil est plutôt catastrophique. Les douches froides ont été inventées certainement pour solutionner le problème. Rude mais efficace pour éviter de végéter cette première journée. Nos deux acolytes (Christophe Vigneron et Thierry Guilpin) arrivent par le vol d’Ethiopan Airlines. Le buna local et le macchiato nous font grand bien. Premier contact avec le petit déjeuner local. Départ pour « lagar » comme on dit à Addis pour voir notre futur lieu de travail.

Les choses ont changé. Les lieux sont clos ; la gare elle même mais aussi tous les bâtiments où ont travaillé les membres de la missions 2007. L’emprise foncière est bien entamée. Un collègue a élu domicile dans les bâtiments administratifs. Un terrain de foot a été emménagé le long de la gare. Un mail d’Eloi Ficquet (directeur du Centre français des études éthiopiennes-CFEE) reçu avant notre départ nous a pourtant rassuré un peu. Les archives sont encore sur place dans des locaux fermés. Le travail majeur de la mission précédente a donc été sauvegardé. Nous ne pourrons faire un réel état des lieux que demain lundi. Un café a été aménagé dans l’aile gauche de la gare, agréable, soigné. Des copies de photos historiques au mur : inauguration de la gare, passage du Négus, de l’impératrice, de de Gaulle entre les années 20 et 1950. Nous partons pour visiter la ville et localiser en particulier le Centre Français d’Études Éthiopiennes. Nous prévoyons de rencontrer son directeur à partir de lundi. Il faut que nous allions à la rencontre d’un réseau d‘interlocuteurs qui pourront nous aider pendant ces deux semaines. Nous retrouvons ainsi des amis de notre web master Greg. Ils nous emmènent prendre un café et nous parle d’Ethiopie. Nous partons pour une longue ballade à travers la capitale. Un salut au clone de Lucy (la vraie est en Suisse). De belles églises orthodoxes (Saint Georges et Trinity church). La ville est très marquée par une architecture communiste massive, accompagnée encore de quelques marteaux et faucilles. Des points levés de fierté absolue. Ça et là surgissent des perles architecturales malmenées par le temps. La ville aussi se développe à une vitesse phénoménale. Retour à l’hôtel passer au cyber et bonne nouvelle ! Le directeur des Archives nationales d’Ethiopie (NALE) nous attend dès lundi pour préparer le terrain. La situation a aussi bien évolué de ce côté. Atkil Assefa a appris le français et a pris des fonctions au sein du Conseil International des Archives (ICA). Ces nouveaux éléments sont plus qu’encourageants. A demain !

La Cie des archivistes

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Arrivée à Addis Abeba

 
 

21h, heure française. Enfin sur place, décalage horaire et une journée de voyage nous ont mis à plat. Nous avons quitté Paris Cécile et moi-même à 8h du matin. Escale à Amsterdam puis vol en diagonale plein sud/sud est. Survol d’étendues de sable de la Libye et de l’Egypte, l’avion suit le cours du Nil jusqu’à Khartoum où nous sommes retenus à cause d’une panne de l’ordinateur de bord. Nous repartons 2h plus tard pour Addis. Nous survolerons ainsi de nuit les 2 capitales illuminées. Khartoum et Addis sont très étendus. Les lumières de la nuit amplifient cette impression. Débarquement dans un aéroport moderne et entretenu. Une bonne heure à faire nos visas, récupérer nos bagages, passer la douane et la repasser dans l’autre sens pour du chercher du change. La monnaie est le Birr (100 Birr = 18 euros). Un taxi avec quelques kilomètres au compteur et conduit par Fangio nous emmène á travers la nuit éthiopienne, rien à voir avec l’Afrique de l’Ouest. L’aéroport est tout près de la ville, une voie moderne le relie à Addis. Pas d’étales le long de la route et autres vendeurs de brochettes qui enfument ailleurs dans d’autres capitales sur les bas côtés.

Le décalage horaire de 2h et le temps d’être couché, il est 3h. Le réveil sera dur.

La Cie des archivistes

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État des lieux avant départ

 
 

Demain, c’est le grand jour : nous partons par groupe de 2 direction la capitale de l’Ethiopie, Addis Abeba, nouvelle fleur en amharique.

Nous partons plein d’entrain pour accomplir notre lettre de mission à savoir :
- finir le traitement des archives de la CDE stockées à ce jour à Addis (ancienne maison du directeur et dans le bâtiment de la Gare) ;
- mais aussi et surtout tenter de trouver un accord avec la clé un contrat de dépôt des archives traitées du CDE auprès des Archives Nationales Ethiopiennes (NALE).

Cependant, nous sommes un peu inquiets car les dernières nouvelles reçues de la part de la CDE ne nous sont pas très favorables. Nous sommes certes les bienvenues pour traiter les archives mais le transfert des dites archives est conditionné par un agrément du Conseil d’Administration de la Compagnie, en plein déclin par ailleurs et dont la date de réunion nous est à ce jour inconnue. Le directeur administratif et juridique de la CDE ne semble pas très favorable au transfert et prétexte qu’un simple hangar pour conserver les archives traitées ferait bien l’affaire.

La deuxième partie de notre mission reste donc incertaine mais les autres administrations Ethiopiennes (Centre Français d’Etudes Ethiopiennes et surtout la NALE) semblent prêtes à nous soutenir… tous les leviers seront bons à utiliser dans cet imbroglio diplomatico-archivistique. Affaire à suivre donc dans le prochain billet d’Addis…

Cécile Lombard

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La revue « Religions & Histoire » s’intéresse à l’Éthiopie chrétienne

 
 

Le numéro de novembre/décembre 2007 de Religions & Histoire consacre un dossier à l’Éthiopie chrétienne.

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ASF-France ?
 

La section française d’Archivistes sans frontières (ASF-France) est membre d’Archivistes sans frontières - International (ASF-International), créé en 1998 par des collègues catalans et qui dispose aujourd’hui de statuts internationaux.

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