Carnet de mission : Projet Éthiopie, Mission 2010

Sauvetage des archives de la Compagnie de chemin de fer djibouto-éthiopienne par Archivistes sans frontières

 
 
 
 

Mercredi 31 mars

 
 

Bulletin météo

Avant de commencer le récit d’une journée exaltante, un bref bulletin météo pour ceux qui se préoccuperaient du temps à Addis. Depuis que nous sommes arrivés, nous avons une alternance de soleil, avec nuages d’altitude et pluies diluviennes souvent en milieu d’après-midi qui laissent les routes de la ville boueuses et détrempées. Mais la température est agréable dans la journée (entre 20 et 25°).

Compagnie et rencontre du DG

Brève rencontre avec Mekonnen qui nous liste nos requêtes et nous fait un état d’avancement des différents points. Le plus important pour nous, il fait sauter la serrure d’accès à la cave de la gare.

Tium Tikea, Directeur Général de la Compagnie. Nous sommes reçus dans un immense bureau qui accueille un espace salon, un bureau et une grande salle de réunion. Un peu tendus, nous exposons les raisons de notre présence et très vite, Tium nous répond dans un bon français. La compagnie est dans un état de déliquescence absolue. Par conséquent, il lui paraît essentiel de sauvegarder son patrimoine et le transfert des archives à la National Archive & Library of Ethiopia (NALE) lui paraît la moins mauvaise solution. Nous lui présentons le projet de convention en précisant que tous ses commentaires pourront être intégrés s’il le souhaite. Il accepte par ailleurs de recevoir la NALE lundi 5 avril matin pour régler les éventuelles questions liées à la convention de dépôt. Il insiste sur le fait que la partie Djiboutienne de la Compagnie doit suivre le même processus et bénéficier des mêmes modalités pour assurer la confiance et la pérennité du projet. C’est un homme touchant que nous rencontrons, soucieux du patrimoine de la Compagnie, brisé par l’état de crise qu’elle traverse depuis des années. Les trains ne roulant plus depuis plus deux ans, il n’a aucune liquidité et est obligé de louer son patrimoine pour payer les 1500 salariés que compte encore à ce jour la Compagnie. A l’issue de ce RDV, nous nous séparons en deux équipes : l’une profitant de l’ouverture de la cave, va explorer les bas fonds de la Gare. A priori, les 80 mètres linéaires identifiés par les précédentes missions semblent ne pas avoir bougés hormis la poussière qui s’est accumulée depuis.

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Réunion avec le Directeur de la Compagnie

Conseiller culturel et Ambassade de France

L’autre équipe saute dans un taxi vieillot et se dirige vers l’Ambassade de France pour y rencontrer le dynamique conseiller culturel, Patrick Cohen. En l’espace d’une demi-heure, nous exposons notre cas, il prend acte, et nous promet la remise d’un courrier mentionnant la prise de contact avec la partie Djiboutienne prévoyant une réciprocité d’action. Nous avons à peine le temps de goûter au havre de paix que semble être l’Ambassade mais nous aurons l’occasion d’y revenir car Patrick Cohen nous a aussi obtenu un RDV avec l’Ambassadeur mardi à 17h.

NALE

Compte tenu de la rapidité de ce RDV, nous en profitons pour faire un crochet par la NALE malgré les réclamations de notre chauffeur pour obtenir un supplément. Nous souhaitons valider leur disponibilité de lundi et savoir s’ils seraient d’accord pour repousser la réunion proposée initialement ce jeudi au lundi suivant. Après quelques coups de fils, le Directeur de la NALE semble pouvoir se rendre disponible. Heureux, sous le soleil, mais ayant le sentiment de ne pouvoir digérer les bonnes nouvelles de la matinée, nous retrouvons nos deux compagnons, épuisés par l’exploration à la lampe frontale des sous-sols de la Gare. Déjeuner de débrief autour d’une assiette de pâtes pantagruélique et d’un jus de mangue des plus salvateurs, nous nous réjouissons des avancées spectaculaires obtenues en l’espace de quelques heures.

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Bâtiment de la NALE

Traitement des fonds

A nouveau, deux équipes se forment pour l’après-midi pour optimiser le traitement des fonds et ne pas se marcher sur les pieds. Nous tentons d’obtenir une table ce qui nous permet de revisiter les ateliers vétustes de la Compagnie. Deux motrices, dont l’une semble avoir subi un accident des plus sanglants, des bidons de fuels…

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L’équipe dite des cosmonautes

L’équipe de la cave mange de la poussière, sélectionne les archives qui pourraient être versées et met de côté les éliminations. Quelques pépites : les comptes-rendus d’AG des années 10 aux années 30. Seuls 10% des fonds stockés à cet endroit seraient à verser à la NALE. Un volume important de document en amharique sera cependant sauvegardé par précaution et classé en préarchivage (cote CDE). L’équipe de Gerbal (ex-maison du directeur) avant de se mettre au traitement des archives, contacte Danièle Neirinck pour lui faire état de l’avancée de la mission. Elle nous propose un courrier similaire à celui du Conseiller Culturel confirmant l’engagement d’ASF à poursuivre les actions sur le terrain côté Djiboutien si un accord est trouvé. Puis, nous nous mettons au travail et poursuivons l’identification par grandes catégories des dossiers sortis hier de la pièce du fond.

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Thierry en spéléo dans le sous sol de la gare

Quelques pépites : un album de photos sur Assab et les salines et les procès-verbaux en italien de la période d’occupation italienne. La journée, riche en émotion, se termine autour de l’organisation de notre week-end puisque la journée de vendredi sera fériée et que la Compagnie est fermée, ce qui ne nous permet pas de travailler. A contrario, le lundi de Pâques est travaillé. Nous pensons que les contacts noués par Arnaud Ramière de Fortanier lors de sa mission d’avril 2008 a permis cette avancée spectaculaire. Les différentes parties semblent avoir pris conscience de la nécessité de faire avancer les choses en trouvant le meilleur compromis.

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Rue d’Assab

Planning prévisionnel

- jeudi 1er avril 12h30 : RDV avec Shiferaw Bekele, professeur à l’Université d’Addis Abeba, département d’histoire grâce aux coordonnées téléphoniques laissées par Simon Imbert ;

- week-end : deux excursions : deux jours à Ankober à 190 km au Nord d’Addis et une journée à Wenchi, à 150 km à l’Ouest d’Addis. Au programme, trekking, visite de marchés locaux, églises surtout en cette période de fête. Ce sera la fin du jeûne pascal, et nous risquons d’assister à des cérémonies traditionnelles orthodoxes. De quoi nous changer les idées après une semaine de mission.

- lundi 5 avril 10h00 : RDV DG Compagnie / DG NALE / ASF sur la convention de dépôts ;

- mardi 6 avril 17h00 : RDV avec l’Ambassadeur de France, Jean-Christophe Belliard.

La Cie des archivistes

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