Carnet de mission : Projet Éthiopie, Mission 2011 à Djibouti

Du 23 au 30 avril 2011, la section française d’Archivistes sans frontières envoie deux de ses membres à Djibouti à l’occasion d’un colloque international portant sur le patrimoine de ce pays de la Corne de l’Afrique, situé à l’ouest du golfe d’Aden : « Histoire et archives de Djibouti et de sa région : projets et enjeux ».

 
 
 
 

Samedi 30 avril 2011 : fin de la mission

 
 

Nous entamons notre dernière journée de mission par un démarrage en douceur pour récupérer un peu. Le thermomètre la veille fleurtait avec les 45 degrés et nous avons eu du mal à trouver un peu de fraicheur. Nous avons eu du mal à trouver le plus petit courant d’air durant la semaine écoulée tandis que les soirées restaient à peine aux frontières du supportable. Djibouti entre dans sa saison chaude qui durera jusqu’au mois d’octobre.

Nous profiterons de cette ultime journée pour saluer tous ceux que nous avons croisés. Nous passons par le Centre de Recherche pour déposer nos films et nos photos. Nous en profitons pour faire un point avec géographes et historiens sur la ville de Djibouti et localiser les principaux quartiers historiques sur la carte. Cela nous permettra de préparer une éventuelle prochaine mission  : la gare, les dépendances immédiates (logements des cheminots et des cadres) mais aussi maison du directeur, club des cheminots, très belle propriété que nous avions vu de l’extérieur quelques jours auparavant. Il est situé à côté de l’ambassade des Etats Unis. Le bâtiment a encore belle allure avec ses arcades en façade. Il est à présent abandonné et commence à être envahi par la végétation. Nous localisons les concessions liés aux tractations entre l’Éthiopie et la France de l’époque : celle de la résidence d’Haïlé Sélassié, rasée depuis et remplacée par l’ambassade d’Éthiopie et enfin les entrepôts de l’ancien port avant que celui ne soit récemment réaménagé. Ceux ont été rasés et sont pour partie remplacés par 2 bâtiments toujours liés à l’Éthiopie : une église et « le club éthiopien » où Jean-François Breton nous a invité à dîner la veille pour clore notre expédition le long de la ligne de chemin de fer. Nous ferons un dernier passage place Ménélik puis retour à notre hôtel pour préparer nos bagages.

Nous avons prévu de nous rendre pour 17h30, à la messe qui a lieu à la cathédrale de Djibouti. Le bâtiment est assez étonnant. Il se devait d’être discret en pays musulman. Il a été très bien restauré avec une haute façade tapissée de nacre qui lui donne des reflets argent magnifiques. L’intérieur est de forme assez simple : rectangulaire, le chœur en arc de cercle, pas de chapelle. C’est une chorale composée de légionnaires qui nous accueille. Nous avons en effet l’opportunité de pouvoir assister, à travers cette cérémonie qui commémore la bataille de Camerone, à l’un des événements qui marquera la fin d’une histoire, celle de la présence de la légion à Djibouti qu’elle quittera d’ici deux mois. L’ambiance et les chants des légionnaires nous impressionnent. A l’issue nous saluons l’ambassadeur qui, comprenant qu’il nous sera difficile d’assister à la suite des cérémonies sans risquer d’être en retard pour l’aéroport, nous propose son aide et nous emmène au Plateau du Serpent, esplanade située au nord est de la ville et pour assister à l’ultime prise d’arme de la Légion. Il veille à ce que nous soyons correctement placés parmi le public. Un spectacle assez surréaliste avec jeu d’ombre et lumière se déroule alors pour la présentation successif des différents corps, remise de décorations, défilé des différentes armes. A l’issue, c’est dans le véhicule du chef de corps de la 13e DBLE que nous regagnons la base, juste le temps d’attraper nos bagages bouclés dans la hâte. Nous filons pour l’aéroport et embarquons pour Paris.

Cet étonnant périple s’achève donc à la fois au contact d’une communauté pluridisciplinaire d’historiens, de géographes et d’hommes politiques qui semble se mettre en mouvement en faveur de son patrimoine écrit, oral et architectural mais aussi avec l’image fugitive de notre train légendaire et l’épilogue d’une tranche de vie d’un des corps les plus emblématique de l’armée française.

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