Carnet de mission : Projet Éthiopie, Mission 2011 à Djibouti

Du 23 au 30 avril 2011, la section française d’Archivistes sans frontières envoie deux de ses membres à Djibouti à l’occasion d’un colloque international portant sur le patrimoine de ce pays de la Corne de l’Afrique, situé à l’ouest du golfe d’Aden : « Histoire et archives de Djibouti et de sa région : projets et enjeux ».

 
 
Photos et vidéo de « l’expédition » le long de la voie de chemin de fer
 
 

Vendredi 29 avril 2011. Et pourtant… il roule !

 
 

Debouts de bonne heure, à 6h30, pour éviter les fortes chaleurs de la fin de matinée et surtout pour préparer le départ de « l’expédition » le long de la voie de chemin de fer, jusqu’à Hol Hol, à une cinquantaine de kilomètres de Djibouti-Ville.

Le rendez-vous étant pris à l’hôtel où la majorité des participants du colloque logent, nous nous y retrouvons et buvons quelques cafés qui ne seront pas de trop pour finir de nous réveiller. Après avoir mis à l’abri dans des glacières les réserves d’eau, nous montons dans les 4x4. Celle de l’université embarque 5 personnes, celle de Jean-François Breton 4. Nous verrons plus tard qu’il est toujours utile de garder un peu d’espace…

Direction Balbala, commune tentaculaire à la périphérie de Djibouti-Ville dont l’entrée est marquée par un mirador installé par les Français pour empêcher l’afflux de migrants ruraux dans la ville. Au lieu de nous engager vers le centre, nous bifurquons au sud et nous arrêtons une première fois sur le campus de la future université destiné à abriter 10 000 étudiants dans de bonnes conditions, les anciens bâtiments étant situées en zone inondable et ayant atteint depuis un bon moment leur saturation.

Nous longeons pendant plusieurs kilomètres une piste relativement praticable où les poubelles de Balbala s’entassent sans fin, dans une proximité dangereuse avec quelques habitants exerçant de petits métiers. Les plus chanceux (dont nous tairons pudiquement les noms) profitent de l’air climatisé de la voiture de l’Université, alors que les autres, toutes fenêtres ouvertes, subissent à la fois les rafales de vent brûlant et les relents insupportables s’échappant des charognes de chameau qui sèchent en plein soleil.

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Sur la piste

Au bout d’un peu moins d’une heure, la voie ferrée apparaît. Un passage à niveau marque la première étape du train, et à l’ombre d’un petit acacia attendent un groupe de femmes qui attendent un improbable bus. Nous sortons des voitures et prenons quelques photos tant de la voie et du matériel (notamment les traverses provenant de Longwy) que du paysage alentour où se détachent au loin des montagnes. Avant de partir, Khadija et son nourrisson, Souleymane, nous demandent de les accompagner à Hol-Hol où elle doit se rendre pour récupérer quelque argent. Nous promettons de l’embarquer à notre retour de Chebelley.

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Khadija et Souleyman

Nous continuons notre route, nous arrêtant de temps en temps pour photographier, là un passage à niveau, là un ouvrage d’art.

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Premier passage à niveau (Laurent Ducol, Vincent Bouat, Adawa Hassan Ali)

Chebelley, 30 mn d’arrêt. Les bâtiments de la gare se distinguent nettement avec leur couleur verte et marquent une étape avant le franchissement d’un viaduc enjambant un oued profond. Les enfants du village nous accueillent et se rassemblent pour nous accompagner à la gare (avant de disparaître pour emprunter – sans autorisation – une grande partie de nos réserves d’eau…). Le chef de gare, réveillé un peu abruptement de sa sieste, nous montre ses locaux, sa radio, et nous explique son travail.

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La gare de Chebelley

Reprise de la route, nous embarquons Khadija et son bébé vers Hol Hol. Les oueds ont obligé les ingénieurs du chemin de fer à construire un certain nombre de petits ponts permettant l’évacuation des eaux dont la construction et l’entretien semblent de bonne tenue. Un nuage au loin : nous n’en croyons pas nos yeux mais il semble bien que ce soit un train qui arrive. Appareils photos au poing, nous courons pour prendre les clichés de cette machine que nous avions vu à l’arrêt et qui suit sa route à environ 60 km/h vers l’Ethiopie…

Vidéo du train (voir sur Youtube)

Après l’avoir regardé s’éloigner, nous reprenons nous aussi notre route vers Hol Hol alors que la température monte inlassablement. La route nous laisse voir par endroits une gazelle ou un chameau, mais nos yeux sont surtout attirés par la voie que nous longeons jusqu’à l’arrivée à destination. Toujours le même accueil par les enfants, alors que les cabris préfèrent rester à l’ombre de deux wagons abandonnées sur une voie de relégation après un accident (du moins peut-on le supposer, vus les dommages que nous constatons).

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Hol Hol et...
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... son viaduc

Les bâtiments de la gare sont du même acabit qu’à Chebelley et nous en prenons quelques photos. Malheureusement, nous ne pouvons photographier le viaduc de Hol Hol car un terrain militaire apparaîtrait sur les photos… Nous descendons donc la piste en longeant le versant parallèle à la base ce qui nous permet de prendre quelques clichés de l’ouvrage sans que les installations soient visibles. Au départ, nous voulions continuer la piste mais celle-ci s’avère trop défoncée : après un rapide cours de botanique dispensé par Amina Said Chiré, nous reprenons notre route en sens inverse et redéposons Khadija au même endroit. Le temps d’ouvrir la porte, deux hommes prennent place à l’arrière mais la vitesse à laquelle nous roulons et les cahots du chemin ne nous permettent pas pour des raisons de sécurité d’embarquer des passagers à l’extérieur du pick-up.

Retour à l’hôtel, exténués et rougis par un soleil implacable : un sandwich et un café plus tard, nous repartons dans le centre pour une connexion internet. Rendez-vous au club éthiopien à 20h, à côté de la cathédrale orthodoxe éthiopienne. Nous partons directement du café internet et arrivons en plein meeting : deux à trois cents personnes écoutent, en le ponctuant d’applaudissements, un orateur qui lève des fonds pour la construction d’un barrage titanesque en Éthiopie. Nous montons à la terrasse pour déguster des injeera, ces crêpes de tef fermentées accompagnées de viandes et légumes variées à prendre à la main dans un même plat. Djibouti offre l’avantage d’être à la confluence de plusieurs traditions, ce qui nous aura permis d’explorer les sources gastronomiques autant qu’archivistiques !

Après ces agapes, nous rentrons à l’hôtel, avant notre dernier jour, consacré aux bagages et à une célébration marquant l’anniversaire de la bataille de Camerone et le départ de la Légion étrangère de Djibouti prévu en fin d’année.

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